Cette foutu otite qui me force à rester à la maison, tel un tuberculeux des années 30 coincé sur une terrasse de Berck Plage, une couverture à carreau sur les genoux, n'a pas que des désavantages. Certes, je suis en train de ruminer sur l'opportunité d'une amputation à la machette puis d'une greffe d'oreille de cochon acheté au rabais au marché de Balintawak, a moins que je ne fasse comme tout le monde et que je me soigne qu Rugby…
Mais bon en tout cas, ce repos forcé me permets de rattrapper mon retard sur ce blog.
Full Metal Jacket Est-ce que c'est toi John Wayne? L'etranger qui se balade au Philippines comprendra rapidement à quel point l'occupation

americaine aura influencé la culture locale. L'un des élements les plus marquants est la prolifération d'armes à feu le long des trottoirs Manillais. La moindre superette, le moindre fast-food et même le charcutier de la fondation est protégé par un garde en uniforme et armé au moins d'un pistolet et bien souvent d'un fusil à pompe dès qu'il s'agit d'une banque ou d'un grand magasin. Les transporteurs de fonds font passer les Range Rover blindé de Belfast pour des 2CV et il n'est pas rare de voir leurs employés avec des M-16 et même des AK-74.
J'ai déjà eu l'occasion de passer devant un stade de Basket-Ball juste avant un match et là il y avait des flics armés partout et même la crème de la crème, le SWAT avec leurs uniformes noirs et leur M4 que l'on voit souvent patrouiller à moto dans la ville. Ici on ne déconne pas avec le Basket-Ball!

Mais finalement le plus drôle, c'est que lorsque l'on jette un œil sur tout cet arsenal on découvre une quantité de rouille assez impressionnante, des crosses réparés avec du scotch, voire des étuis vide ou des cartouchières de munitions qui ne correspondent pas à la pétoire portées fierement. Mais j'ai mieux compris lorsque j'ai vu l'entrainement public des prochaines promotions de garde du corps. au parc de Quezon Circle. J'avoue que j'ai bien rigolé, et je n'étais pas le seul, en voyant ces ptits gars faire
"Poum Poum Poum!" avec leur pistolet en plastique, menés par un coach en treillis et chapeau de paille, digne des meilleurs nanars Philippins.
J'ai souris aussi lorsque le week-end dernier nous avons passer un Check Point de l'armée dans les montagnes, accueillis par un "Corporal Noriega" en short et marcel, alors que 500 mètre plus loin le fonctionnaire du Check Point de la Police Nationale Philippines était tout en tenu camouflage et en M-16 avec lance grenade…
Là où il paraît que c'est moins drôle, c'est que tout ce petit monde s'amuse à tirer en l'air pendant les fêtes du nouvel an, et on nous a fortement conseillé de rester chez nous pendant cette période.
Ca tombe bien je n'aime pas le karaoké.
Pause Café.
Comme dans toutes les boîtes du monde…
…on a une secrétaire qui met son grain de sel partout et qui semble prendre un malin plaisirs à faire contourner les règles en place. Comme dans toutes les boîtes du monde il y a des employés qui font super bien leur boulot, et d'autres qui s'en tamponnent royalement. Comme dans toutes les boîtes du monde les gens cherchent à tirer avantage de leur poste. Comme dans toute les boîtes du monde, pour être sûr d'avoir les 10 trombonnes, les gens en réclament 3 boîtes.
C'est ptet ça la vraie mondialisation...
Into the Wild
Le bonheur est dans le pré.
Raaaaaaaaah quel pied de sortir un peu de la grisaille Manillaise! Faut dire que ces derniers temps j'ai été gâté puisque mes deux derniers week-end on été consacrés à une visite à la ferme de Balangas à Bataan et à une sortie d'une journée dans les montagnes avec les enfants d'un centre. On ne mesure pas assez le prix que peu avoir le vrai silence, et la vrai solitude dans une mégalopole telle que Manille. Et bien sûr la possibilit

é de voir le soleil se coucher, d'avoir des nuages qui ne te donnent pas l'impression qu'il va pleuvoir du gasoil et surtout de voir les étoiles la nuit. Et puis le lieu où se trouve la "ferme" est excellent. En fait de ferme il s'agit de la propriété d'une communauté de sœur qui ont quitté les lieux sans donner de nouvelles. A cinq minutes de marches de là se trouve une superbe rivières au bord de laquelle se trouve les ruines des bungalows d'un resort à l'abbandon (les resorts sont des lieux d'accueil pour les touristes). Franchement entre la rivière, les collines, et les ruines, on se croirait dans La Ligne Rouge, c'est magnifique. D'autant qu'en creusant la terre, nos apprentis fermiers ont mis au jour des douilles, vestiges la bataille de Bataan.
Forcément, je me suis fait une balade seul dans les colines et les rizières, juste pour le plaisir et pour voir jusqu'où je pouvais suivre tel ou tel ruisseau. Je n'ai pas exhumé de vieux Bunker japonais, mais j'ai trouvé des noix de coco, et là je dois bien dire que mon poignard m'a bien manqué…
Parce que bon autant le Buko, c'est à dire la noix pas encore mûre, ça n'oppose guère de resistance au couteau suisse, autant la noix bien mûre elle… J'y suis néanmoins parvenu, mais je crois que dans l'opération j'ai dépensé plus de calorie que j'en ai gagné en ma

ngeant le fruit...
Et puis cette semaine j'ai été au bidonville de Pulo, à l'Ouest de Manille. C'est un bidonville assez spécial car il se trouve au bord d'une plage de sable gris et de sac plastique, les maisons sont montés sur pilotis et pour y accéder on doit passer par un chemin qui serpente entre les digues des bassins d'élevage de poissons. Du coup l'endroit est bien isolé par rapport à la ville et lorsque l'on s'y engage on à vraiment l'impression d'être très loin de Manille dans un coin qui ressemblerait plus au Vietnam qu'aux Philippines. Sur la plage il y a des pirogues à balancier, des charbonniers et des enfants qui avec le sable font des petits four où ils brûlent du polystirène pour fabriquer du charbon comme papa. Un énorme tuyaux traverse le village et s'enfonce dans la mer jusqu'à une drague complètement improbable et fumante qui flotte encore par je ne sais quel miracle. Du coup comme j'avais émis le désir d'aller faire un tour en mer auprès des staffs de Navotas, j'ai le droit de faire une petite balade en pirogue! Juste un petit aller retour d'une dizaine de minutes
Le vilain petit canard…
Balouuuuuuuut!

C'est le cri lançinant qui retentit chaque soir lorsque le vendeur ambulant parcoure les rues du quartier. Spécialité culinaire incontournable des Philippines, le Balut c'est plus qu'un mets exotique, c'est… tout un style.
Le Balut, c'est tout simplement un œuf de canne… fécondé et bouilli comme un œuf dur. Et donc lorsque l'on ouvre la coquille, on découvre notre ami le poussin à l'intérieur, plus ou moins gros, et donc plus ou moins croquants suivant son stade de développement. Le scoutisme m'ayant rôdé à manger srictement n'importe quoi, j'ai gobé joyeusement le mien, pas très avancé, qui avait le gout et la consistance d'un chewing-gum à la volaille… C'est pas mauvais, et puis il faut bien avouer que le concept est rigolo. Faut dire que mes années de fac de bio m'ont fait voir (et faire) bien pire en matière de poussins…
Petite note à caractère informative (bis).
Après avoir discuter avec l'un des Père nous nous sommes rendus compte que les règles en matières de publication d'images de chtit n'enfants de la fondation sur nos blogs sont en réalité nettement moins strictes que nous ne l'avions cru au premier abord. Donc en fait on a le droit de montrer des photos des enfants.
Moralité, en milieu de journée Amandine est venu me chercher avec ordre du Père Thomas de m'emmener voir un toubib. On est donc allez à l'hôpital d'à coté qui ressemblait d'ailleurs plus à un campus de medecine, où une nana m'a examiné avec un de ces serre-tête orné d'un miroir qu'on ne voit que dans les vieux films de guerre. Ils m'ont posé un drain, prescrit d'autre medocs et invité a revenir dans deux jours. J'ai halluciné devant le medecin/interne/je sais pas trop en fait, qui avait une feuille avec des schémas de l'oreille dessiné à la main, et qui à proposé un paquet de crackers à sa collègue pendant qu'elle s'occupait de mon cas. Mais bon, depuis que j'ai appris qu'ici on peut acheter des broches d'occasion pour se faire opérer et que les infirmiers mangent des hamburgers en salle d'opération, je ne m'étonne plus de rien. Mon cas personnel n'étant pas très sérieux ça m'a plus fait rire qu'autre chose.
Et voilà camarades, c'est fini pour aujourd'hui. Moi et le petit John-Patrick on vous dit à bientôt pour de nouvelles aventures.

P.S.: L'enigme de la semaine, c'est de réussir à compléter le titre de l'article, on va voir si vous avez un minimum de culture musicale...