Isatix

Vendredi 14 août 2009
Bon, à maintenant queqlques jours de mon retour au pays, je vais quand même prendre 5 minutes pour écrire un dernier article sur ce blog. Désolé de ne pas l'avoir plus alimenter ces derniers temps, mais le fait est que comme j'ai eu une correspondance écrite relativement nourrie, je n'avais tout simplement pas envie de re-re-re-raconter des trucs que j'avais déjà écris.
Cependant, rien que pour vous, voici un petit best-of de ces derniers mois…


L'ivresse des profondeurs
D'un geste, on se jette à l'eau, et dans une gerbe d'écume tout devient différent. Le gilet trop large, la ceinture de plomb, la lourde bouteille, tout cet équipement qui, l'instant d'avant me rendait gauche et hésitant ne pèse désormais plus rien, et je le porte aussi facilement que des vêtements ordinaires. Le haut et le bas se confondent de manière troublante, je rejoins les autres auprès de la bouée et, à la force des bras, nous grimpons lentement vers le fond…
Dix mètres…vingt mètres, la lumière diminue, et nous ne voyons rien d'autre que cette corde qui semble descendre sans fin. La pression augmente et se fait sentir sur nos tympans, alors même qu'autour de nous évoluent gracieusement une foule de poisson multicolore, dont l'indiférence nous rappelle que nous ne sommes pas de ce monde.
Et puis soudain, d'un seul coup, l'épave est là, et nous ne voyons plus qu'elle, comme un immense mur sorti du brouillard.
L'Akitsushima était un lanceur d'hydravion, et avec ces 114 mètres il devait être un des fleurons de la Flotte Impériale Nipponne pour qu'on lui donne ce nom qui désignait autrefois le Japon. Coulé en septembre 1944 par l'aviation américaine, il git désormais par 30 mètres de fond, couché sur son flanc babord, comme une grosse bête endormie.
Nous arrivons par la poupe, et nous arrêtons un instant à la base de la grue qui repose désormais de tout son long sur le fond. A cette profondeur la vie commence déjà à se faire plus rare, et les coraux aux formes aberrantes qui couvrent toute la partie supérieure de l'épave se font ici plus discret. Nous passons sous la grue au côté duquel on peut encore reconnaître une batterie anti-aérienne, ses trois canons encroutés pointant toujours le ciel, à la recherche d'un ennemi invisible. Quatre-vingt six marins ont péris au cours de cette bataille, qu'est est-il arrivé aux servants de cette pièce?
Nous approchons d'une large brèche qui entaille litterallement le pont sur toute sa largeur, au delà nous ne percevons que les ténèbres. Notre guide s'y engage et, d'un geste de la main, nous invite à le suivre. Nos lampes torches nous paraissent alors bien dérisoire…

On à du mal à croire que cette vaste caverne d'acier et de rouille ait pu un jour être la salle des machines d'un navire de guerre, tant les dégâts y ont été considérables. Bien au dessus de nous, les hublots qui percent la coque laissent passer la lumière mouvante de la surface qui ne parvient qu'à peine jusqu'à nous, nous donnant l'impression d'avoir pénétré au cœur d'un sanctuaire. Lentement nous y évoluons, le regard fixé sur le faisceau de notre lampe que nous balayons dans toutes les directions, à la recherche d'on ne sait quel spectre grimaçant qui se révèlent n'être que de simples poissons, gardiens placides d'un tombeau trop souvent pillé.
Avant d'entamer notre remontée vers la surface, je jette un dernier regard sur la coque boursouflée de corail de l'Akitsuhima qui, par un petit trou, laisse échapper un mince chapelet de bulles d'air, provenant probablement d'un autre plongeur explorant ses entrailles. Vraiment, on dirait un vieil animal fatigué, qui se serait couché dans l'herbe un instant, rien qu'un  court instant, et qui serait incapable de se relever.

Petit aperçu d'une semaine dans l'archipel des Calamianes, au cours de laquelle moi et Louis-Marie avons passé 2 niveaux de plongée (PADI Open Water & Advance Open Water Diver, vous vous en foutez mais je le précise quand même parce que c'est la mega classe!). Au menu, beacoup d'épaves, de coraux, une tortue marine, des fantômes du passé, de l'azimut sous l'eau, des barbecue sur le bateau, des  paysages de piraterie ou de base secrète de James Bond, mais aussi une grotte sous-marine. L'apothéose finale de cette semaine à été le Baracuda Lake, lac intérieur superbe, qu'on atteint par une marche à travers les rochers avec tout l'équipement sur le dos. A l'intérieur la visibilité est enorme et surtout on découvre un milieu quasi stérile, pas d'algue, très peu de poisson, à part bien sûr Mr Baracuda qui nous a fait l'honneur d'une visite, ce qui mets particulièrement en valeurs les immenses parois nues du lac, qui donne l'impression d'être dans un paysage lovecraftien. De plus, à 15-20 mètres on trouve un thermocline, une zone où l'eau devient subitement très chaude. Ce qu'il y a alors de remarquable, c'est que cette zone paraît trouble à cause de la chaleur, et lorsque l'on en émerge, le contraste avec l'excellente visibilité de l'eau fraiche donne l'impression de litteralement sortir d'un lac! Or à ce moment on est encore à 20 mètres de profondeur, c'est vraiment magique!

Taxi Driver
Mais en réalité, la VRAIE apothéose de cette semaine fût mon retour à Manille…
A l'aéroport, j'ai pris un taxi direction la fondation. En montant dedans, j'ai eu comme un sale préssentiment, je le sentais pas ce tacos… Evidemment il a fallu péciser au driver que non ce n'était pas lui qui fixait à l'avance le prix de la course mais qu'il avait un compteur pour ça, mais bon, ça c'est pas inhabituel à Manille. Parlons en de ce compteur… pour l'avoir fait plusieurs fois, je connaissais le prix du trajet, et ce jour là il n'y avait pas trop de traffic, pourtant j'ai vite remaruqé que le compteur semblait aller un peu plus vite que la musique, beaucoup plus vite puisqu'une fois arrivé aux deux-tiers du trajet le prix était déjà le double de l'habituel.
Du coup j'ai fait remarqué au chaffeur que son compteur était un poil rapide… Ce dernier ne s'est pas démonté et l'à gentilment éteint! OK bon, j'ai compris… Pourquoi t'as éteint le compteur camarade!? Et là le sketch commence, évidemment le mec fait exprès de ne parler tagalog ou presque et me dit que c'est pas grave que c'est les fils qui sont chaud (mouahahahahahahaha) en éteignant rallumant le compteur, et que de toute manière je payerais le prix habituel… Ah bon, et c'est quoi le prix habituel? Pas de réponse…
Bon, restons calme, première étape, noter ostensiblement le n° du taxi et lui expliquer que s'il n'arrête pas de suite son cirque c'est direct la police. Il dit que non surtout pas la police mais continue comme si de rien était…
OK zeeeeeeen, deuxième étape, on arrête tout, tu me dépose au premier carrefour et on en parle plus. Re-blabla en tagalog sur le "prix habituel mystère"…
Bien, en moi même les choses sont très claires, il est hors de question que je me fasse enflé mon pognon par un chaffeur véreux, ce n'est même pas imaginable. Et comme cet espèce de fripouille me prend pour un con il est temps de lui démontrer qu'il à encore plus raison  qu'il ne le croit en commençant une procédure d'éjection …
Je déboucle donc tranquillement ma ceinture de sécurité et essaie d'ouvrir la portière. Damned soit je m'y prend comme un manche soit elle est vérouillé! (la première hypothèse n'étant cependant pas à exclure…) Qu'à cela ne tienne, je baisse la vitre et la dévérouille par l'extérieur. L'autre continue à conduire, de toute manière il peut pas faire grand choe d'autre que garder les mains sur le volant et il doit croire que je bluffe.
Dommage pour lui, je ne bluffe pas… en plus à ce moment le traffic commence à se faire plus dense, c'est l'occasion ou jamais et je commence à ouvrir la portière, mon gars tu t'arrêtes MAINTENANT!
Le type à dû commencer à comprendre qu'il risquait de perdre subitement sa portière s'il n'obéissait pas et s'est gentilment arrêté sur le côté. Ni une ni deux, je prend mon sac à dos qui était sur mes genou (ne JAMAIS mettre son sac dans le coffre d'un taxi quand on est seul!) et je dégage en vitesse. On est sur une espèce de pont, à sens unique, je vois le taxi qui hésite, qui essaie de reculer, mais trop tard, il y a alors trop de traffic et il ne peut rien faire d'autre que repartir bredouille.
Je ne connaissais pas le quartier où je me trouvais, mais il y avait des jeepney qui allait dans la bonne direction et j'ai pu rapidement rejoindre ma destination pour 0,15 centimes d'euros, très content de ma bonne fortune.

La méchante de James Bond
14 Juillet oblige, tout les français du coin étaient invités au Sofitel de Manille (la MEGA classe!) pour guincher. Guy de Larigaudie à écrit que pour bien voyager, il faut un sac de couchage et un smoking, en général je suis plutôt à l'aise sur le premier point, mais le second ya encore du boulot. Il m'a fallut donc faire des efforts de rasage et cirage de Jungle Boot, car ce soir là, c'était tenue correcte exigée.
Chapiteau au bord e la baie de Manille, pelouse artificielle, et même piste de golfe pour s'entrainer à tirer des balles dans la mer, le truc que tu ne vois  que dans les films…
Buffet français, bon pinard, soirée dansante, crooner et belles plantes pour faire décoration, bref toute l'élégance franco-philippine…
C'était trèèèèèèèèèèèès drôle!
Rendez-vous compte camarade, il y avait une nana philippine, évidemment retravaillé par des années de chirurgie plastique, qui était manifestement pleine de fric et qui portait… un bandeau sur l'œil! Mais pas n'importe quel bandeau, un bandeau violet à paillettes, assorti parfaitement à sa robe très chic. On se serait  cru dans James Bond!
Et puis il y a eu des dialogues d'anthologie, le vieil expat' français plein de thune qui fini sa carrière ici avec une nana philippine qui pourrait être sa petite fille, en froid avec sa famille française et qui te sort que: "ici c'est trop bien, les nanas sont pas chiantes, elles disent toujours oui, elles font pas la gueule quand tu leur fait un cadeau…" qui enchaine ensuite en te disant, choqué devant le montant de l'allocation volontaire : "Comment?! Mais avec ça tu vis pas ici, tu survis à peine! Comment tu fais?", Bah je mange des nouilles, banane! Et enfin le couplet final: "Nan mais c'est bien ce que tu fais, il en faut des idéalistes comme toi… tiens, voilà ma carte si jamais t'as besoin de quelque chose…".
Et puis d'autres perles, beaucoup plus drôles, face à deux ptits jeunes bien propres sur eux:
"Toi et toi, vous êtes Scouts d'Europe!
- Euh oui, pourquoi ça se voit tant que ça?
- Bah ouais camarade."
C'était vraiment drôle, on s'est bien marré. Je n'ai pas trop profité du buffet, vu que bon, je m'imaginais déjà à Gavy autour d'un barbecue avec les copains donc ça relativisais un peu l'étalage de bonne bouffe. Et puis fondamentalement je n'aime pas les buffets. Je trouve ça très indigne de devoir se battre avec plein d'inconnu pour accéder au paté. Et puis comment c'est possible de manger en ayant un verre dans une main et une assiette dans l'autre?

A propos du chat…
J'étais tout content, après plusieurs semaines difficiles à nourrir/laver/torcher un petit machin poilu et gueulard, j'avais finalement réussi à le sevrer. Du coup il avait rejoins tout ses autres copains galeux dans la courre, il bouffait avec eux, comme un grand.
Mais un jour il y eu un gros orage… et tout les chats sont allés se planquer quelque part. Quelques jours plus tard ils sont tous revenus avec le soleil, sauf le mien évidemment!
L'hypothèse la plus plausible étant qu'il se soit perdu en route.
Mais bon, depuis il y a eu un nouvel arrivage de chaton dans la courre. Par contre j'ai arrêté de les nourrir depuis que l'un d'eux m'a chapardé mon gateau!

Le Lac Tahal
Pour mon avant dernier week-end aux Philippines, mes camarades volontaires m'ont organiser une balade au Lac Tahal, à environ une heure au sud de Manille. C'est l'un des plus grand lac du pays, et qui à la particularités d'abriter une grosse île au milieu de laquelle il y a… un autre lac. C'était vraiment génial. Tout d'abord il à fallu descendre en tricycle la longue route en lacets qui mène au bord du lac, puis monter dans une barque où nous avons tous prit une douche… oui, il y avait beaucoup de vent ce jour là… Enfin, une fois sur l'île nous avons du affronter une horde d'indigène hostile qui voulait absolument nous vendre leurs produits d'artisanat local (coca-cola, ice tea, bières….) et nous emmener en cheval jusqu'au second lac.

Petit apparté, un ami c'est étonné l'autre jour que nous profitions si peu de nos week-end pour visiter le pays. La réponse en est fort simple. Tout d'abord pour ma part après une semaine de boulot je n'ai en général qu'une seule envie c'est resté enfermé chez moi, ne voir personne et surtout être au CALME. Et ensuite parce qu'on ne visite pas les philippine comme on peut se faire un pique-nique en forêt du Gavre. Aucun d'entre nous n'a de voiture, nous sommes donc tributaire des transports en commun (l'auto-stop n'existe pas ici…) et des gens sur place pour nous déplacer. Ce qui fait que nous n'avons au final que très peu de liberté de mouvement, et on ne peux pas trop sortir des sentiers battus où les prix grimpent très très vite.

Bref, après une ballade fort sympathique, nous sommes enfin arrivé au bord du vaste cratère volcanique qui abrite le second lac. Faute de temps nous n'avons pas pu y descendre (le pilote de la barque ayant imposé son horaire, petite illustration de ce que j'expliquais plus haut), mais on voyait très bien les fumerolles sur le rivage. Et en s'aventurant un peu plus loin nous avons pu constater qu'à certains endroit, la roche dégageait une forte chaleur, c'était assez impressionant.


Au revoir les enfants.
Bon et bien voilà, mission accomplie, dans moins d'une semaine je serais de retour au pays du vrai beurre salé, de la charcuterie et des bières rousses. Henri mon remplaçant est arrivé il y a 3 semaines déjà. C'est un chic type qui à déjà repris en main le poste, me voilà donc à la retraite (quelqu'un qui porte des pataugas ne peut être que quelqu'un de bien!) ou plutôt en cessation progressive d'activité jusqu'au mercredi 19 où je prendrais mon avion de retour.
.
Il y a des gens qui me demandent si je n'ai pas trop le cafard à l'idée de revenir en Europe…

Il est en effet de bon ton, lorsque l'on est volontaire de prétendre que le retour au pays est un déchirement, que tout était trop bien, trop beau, trop parfait, que les gens sont trooooop gentils, que la mission est une expérience trooooop belle qui vous change à jamais et que vraiment toute notre vie on restera à moitié thailandais/chinois/Indien/Mayennais/Philippin (rayer les mentions inutiles).

J'avoue que ce discours qui fleure bon la guimauve  me fait doucement marrer…
Premièrement soyons clair, si les Philippines étaient le pays des bisounours, on y enverrais pas des blanc-bec dans mon genre pour faire un boulot qu'un local pourrait faire aussi bien voir même mieux.
Deuxièmement, je me vois mal m'extasier sur le pays alors que je vois tout les jours des gosses y dormir sur le trottoir, se droguer, se faire abuser, se faire exploiter, le tout dans un climat de corruption et d'indiference généralisé. Je crois que ça serait un petit peu indécent toute de même…

Pour la gentillesse des gens, oui c'est vrai, il y a plein de gens très gentils, tout comme il y a plein de gens très cons, en fait il n'y à pas trop de différence avec le reste du monde, donc pas de quoi s'extasier. Et puis bon, ici on découvre vite que si tout le monde dit tout le temps oui, c'est aussi une manière très très très polie de dire… non.

Quant à avoir désormais un cœur à moitié philippins? Bah non désolé, mon pays à moi c'est la Bretagne, et même après un an ici, je me sens fondamentalement plus proche d'un ouvrier Irlandais ou d'un paysans Ecossais que d'un Philippins. Alors peut-être que je suis juste un vieux grincheux qui n'aime pas le karaoké, mais je pense vraiment que l'inculturation, ça ne se fait pas simplement en un an, et ça nécessite avant tout de savoir rester à sa place, sans essayer de trop en faire.

Bien sûr il y a plein de choses qui vont me manquer, les camarades volontaires, les pères, les enfants, certains staffs. Et puis aussi ce côté "tout est possible" qu'on trouve ici où on peut tout faire fabriquer/réparer alors que chez nous il est plus "rentable" de jeter pour racheter du neuf.
Enfin bon voilà quoi. Désolé pour la pietre qualité de la prose, mais en fait j'ai pas trop le temps là.

Ainsi, loin de me faire peur le retour au pays me fait très plaisirs et j'attends avec impatience de revoir ma famille et tout mes camarades.

To be continued…
 Voici un petit résumé de mon planning de retour:

Mercredi 19 aout: Mon avion décolle à 19h45 heure locale (13h45 heure française).
Jeudi 20 aout: Après une escale à Hong-Kong puis Londres, j'atterris à Paris Charles de Gaulle à 11h30 heure locale (11h30 heure française…), je passe au MEP où je dormirais probablement le soir.
Vendredi 21 aout: Je rejoins en train ma famille à Evreux pour le déménagement de mon frangin et nous arriverons en fin d'après midi à St-Nazaire.
Samedi 22 aout: Soirée Barbecue à Gavy!!!!!
Dimanche 23 aout: départ en train pour St-Etienne et le CEP de Clavas

Par Anolisatis
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Samedi 16 mai 2009
Tandis qu'à Cannes le festival est ouvert, un peu plus loin, sous d'autres latitues, Isatis lui aussi se balade en bord de...mer ?

Allez, à son tour de passer à la question avec Louis-Marie...



par loumasoub.
Par Anolis
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Vendredi 10 avril 2009
Ben-Hur peut aller se rhabiller…

Avertissement, le contenu de cet article, et les images qui l'illustrent, peuvent éventuellement choquer certains lecteur. Voilà, je vous ai prévenu, donc maintenant si vous vous amusez à vous flageller avec des fougères en chantant du Carlos, ce n'est plus mon problème.




Ici Pâques c'est la grosse fête de l'année, le jeudi et le vendredi sont ferié et presque tout les magasins sont fermés, la ville tourne au ralentis et la seule activité c'est… d'aller à la messe.
Le truc, c'est que pour l'incroyant impénitent que je suis, Pâques ça n'évoque pas grand chose à part le chocolat et bien sûr l'insurrection Irlandaise de 1916. Et je n'avais certainement pas envie d'aller à la messe vu comment c'était passé celle de Noël où je m'étais retrouvé coincé dans une église moche et bondé (elle ressemble à Notre Dame de l'Esperance à St-Naze…), obligé de subir un boys-band de bellâtre dansant la makarena devant l'autel en rendant grâce à Jesus sur un air de techno…
Sachant que pour Pâques la tradition locale c'est de visiter le plus d'église possible… Plus jamais ça!
J'étais donc partis pour me faire un long week-end lecture/courrier/sieste/ménage, quand ma colocatrice m'a parlé d'un pélérinage annuel qui avait lieu pas très loin de Manille, dans la ville de San Fernando, célèbre pour ses pénitents qui reconstitue la passion du Christ en direct live avec… des vrais clous. Bien évidemment cette petite kermesse n'est absolument pas reconnu par l'Eglise, ça tombe bien, moi non plus…






Ce matin, je me suis donc levé fort tôt pour prendre le bus en direction de San Fernando. Le car me dépose dans les faubourg qui en ce jour ferié semble complètement mort, je me fait indiquer le chemin et prend un Jeepney en direction du Barangay Santa Lucia où doit avoir lieu la cérémonie. En chemin on croise un type seul, torse nu, le visage couvert d'un voile noir et coiffé d'une couronne de feuille. A la main il porte un espèce de fouet avec lequel il flagelle son dos couvert d'un sang très rouge qui semble un peu irréel, comme si on était au cinéma.


J'arrive à Santa Lucia, une procession est en cours, les gens marchent pieds nus vers l'église blanche accompagné par une musique lugubre, il y a d'autre pénitents qui se flagelle ou qui portent des croix, je me demande si tout ce sang qui leur inonde le dos n'est pas en fait de la peinture.
Je me suis renseigné, il y a deux sites de crucifixion, le matin à Santa Lucia, et l'après midi un peu plus loin à San Pedro. J'abbandone donc la foule devant l'église pour me rendre au premier lieu.
Ca grouille de Joe, de policiers et de photographe, et l'endroit ne me semble pas très grand. Je laisse tout ce petit monde pour aller repérer les alentours et je finis par croiser un groupe de pénitents qui se prépare à partir pour l'église. Ils sont fort sympathique et m'invitent à prendre des photos en me montrant l'instrument avec lequel il se scarifie le dos. Il s'agit d'une espèce de brosse à cheveux sur lequel sont sertis une série de morceau de verre brisé. Les pénitents se flagellent d'abord le dos pour…euh… préparer la peau, puis se font taillader chacun à leur tour avant de recommencer à se fouetter. Certains trouvant que le sang ne coule pas assez revienne se faire entailler la peau. Donc en fait c'est pas de la peinture… Petit détail qui tue, l'un des flagellants à le visage couvert par un foulard des Girls Scouts of the Philippines.
Alors que je fait des photos, je constate que j'ais dû m'écorcher sans faire gaffe: j'ai des gouttes de sang sur les mains. Mais en fait c'est pas mon sang… Non, c'est vraiment pas de la peinture… c'est bel et bien du sang et ces pénitents en éclabousse impassiblement la foule autour. J'essaie de faire attention, mais je me retrouve moi aussi avec pleins de petites taches sur les vêtements. Certains ont d'ailleurs l'air de s'en moquer complètement et il n'est pas rare de croiser dans la foule des enfants au visage moucheté de sang.
Il ne me reste plus qu'à suivre mes "nouveaux amis", en chemin ils s'arrêtent pour se mettre a genou ou au sol et ce faire ainsi fouetter devant certaines maisons. Il fait déjà très chaud, et je m'arrête boire un soda dans un sari-sari, je remarque amusé que le propriétaire est en train de regarder un peplum qui parle de Moïse, décidément, ils se sont tous donné le mot.
De nouveau j'arrive à l'église. La première véritable procession y commence, Jesus arrive en portant sa croix et il est condamné par Pilate, il y a des romains avec des casques en plastiques, monté sur des chars tirés par des chevaux. Certains sont à plat ventre par terre pendant que d'autres les fouettent sans trop de conviction. Un jeune m'aperçoit en train de regarder cela et avec un sourire me tend sa  baguette en me proposant de fouetter le type par terre… Non, ça ira merci, c'est très aimable mais j'ai malheureusement oublié mon costume en cuir à Manille…
La procession démarre, rythmé par les flatch-flatch régulier des fouets. Arrivé au site de la crucifixion, je me débrouille pour avoir une place au premier rang, juste devant le cordon de sécurité, mais l'espace est restreint, je crains une bousculade et les gardes avec leurs matraque n'ont pas l'air finaud. Je préfère donc m'éclipser et grimper sur le fait d'un mur qui me donne une vue pas mauvaise sur le calvaire mais aussi sur le poste de secours. En attendant Jesus, les deux pénitents qui jouent les voleurs prennent place sur la croix en passant les bras dans les cordelettes qui y sont accrochés. L'un deux cependant tombera pas terre et un type le portera inconscient dans ces bras jusqu'au secouristes, un peu plus tard je l'ai vu repartir, plus de peur que de mal mais quand même.
Enfin Jesus arrive et il est allongé sur la croix! Les croix qui servent à ces crucifixion sont monté sur pivot à leur base, ce qui permet de les abaisser et les relever très facilement. De là où je suis je ne vois pas très bien comment ils l'accrochent. Je vois bien les quelques coups de marteaux, mais il me semble bien faiblard, et je me demande si ce n'est pas du chiqué. Je constate également que contrairement à celles que l'on voit dans les églises ces croix permettent de se tenir complètement debout avec les pieds à plats, ce qui fait que le crucifié n'est pas dans une position qui lui tire sur les bras et lui écrase le thorax. D'ailleurs on ne le laisse pas très longtemps, au bout de 5 minutes la croix est redescendue et le pénitent est conduit au poste de secours où sa main est bandée pendant qu'un autre prend sa place. De là où je suis je les vois arrivé le poing serré, la blessure n'a pas l'air énorme et ne semble pas saigné, il faut dire que les clous sont d'un diamètre très raisonnable, rien à voir avec ce que l'on voit sur les calvaires.
La cérémonie s'achève avec la fausse pendaison de Judas, et moi je me mets sur le chemin du site de San Pedro que l'on me décrit comme plus grand et plus chaotique. En chemin je discute avec Nelson, un jeune photographe de Manille, nous croisons un nommé Alex qui s'apprête à se faire clouer sur la croix pour la neuvième année consécutive. Par le biais de Nelson, je lui demande pourquoi il fait cela, il me réponds qu'il est pauvre et qu'en faisant ainsi pénitence il veut éviter que la maladie frappe sa famille.
 
La site de San Pedro est effectivement plus impressionant, la foule y est plus nombreuse et le mont Golgotha local est entouré de grillage et gardé par les forces spéciales de la Police. C'est vraiment la grosse kermesse, il y a des gens qui pique-nique, et bien sûr une multitude de vendeurs proposant tout et n'importe quoi, eau, ballut et autre nourritures, mitaines (?), ballons, jouets pour les enfants, je m'étonne de ne pas voir de costume romains à vendre.

Là encore j'arrive à me trouver une place pas trop mauvaise. Ce coup-ci la reconstitution de la mise en croix de Jesus est un peu plus longue et respectueuse des évangiles. Puis les autres pénitents sont là-aussi chacun à leur tour cloué sur l'une des 3 croix de bois. Ce coup-ci j'ai pu mieux voir et en fait, c'est comme pour le sang, c'est pas du chiqué…
Après un passage au désinfectant, l'un des romains enfonce par un espèce de tour de main le clous dans la paume jusqu'au bois, puis donne un unique mais solide coup de marteau pour le planter (ce qui explique que les clous pourront être enlevé assez facilement). Une fois sur la croix, les pieds sont cloués de la même manière. Là aussi, ça ne semble pas saigné beaucoup, mais je suppose que le clous est callé dans le cartilage, et surtout les liens qui maintiennent les bras semblent suffisament serrés pour faire garrot. Je ne suis pas resté jusqu'à la fin, j'en avais assez vu pour la journée. Sur le chemin du retour, j'ai croisé deux gosses avec des minis fouets qui faisaient semblant de se flageller, je me suis dis que la relève était déjà assuré…

Que doit-on penser de tout cela?
Le premier réflexe est de se dire: "c'est des malades!"
Puis vient ensuite le second réflexe: "non mais c'est VRAIMENT des malades!"
Mais bon, malgré tout, ce sont des malades raisonnables. L'ensemble est certes très impressionnant, mais ce n'est pas non plus la grande boucherie à laquelle on pourrait s'attendre (comment ça, dommage?). Il n'y avait pas d'agressivité dans l'air et il y avait au contraire une grande retenue.
Et même si l'ambiance était spéciale, ça n'était pas complètement glauque non plus. En fait ça évoquait plus la kermesse de village que le barbecue annuel du Ku Klux Klan.

Enfin voilà quoi…
A part ça le chat va bien.
Par Anolisatis
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Dimanche 15 mars 2009
Le monde du silence
Les jolies colonies de vacances

Je m'étais dis que pour les vacances ça serait chic d'aller faire un tour dans ma Bretagne natale, voir les copains à Gavy, me promener sur la plage déserte, et boire des Picon bière à La Mouette… Mais bon, c'était pas trop possible, une sombre histoire de mission aux Philippines, de volontariat d'un an, tout ça tout ça…
Alors comme je ne pouvais pas aller à la Bretagne, c'est la Bretagne qui est venu vers moi, plus précisément mon papa, ma moman et mon frangin.
C'était rudement chic et je les en remercie encore mille fois. Car faut bien dire que retrouver les crèpes paternelles ici à Manille c'était un peu suréaliste. Ces vacances ont été l'occasion de partir quelques jours dans l'archipel de Coron, au nord de l'île de Palawan, loin, très loin de Manille la métropole grouillante et polluée.
Paysage de rêve, restaurant sur pilotis, et surtout surtout… le calme! Il faut dire qu'à Manille le vrai luxe, c'est de pouvoir être au calme. La foule, le bruit y est partout omniprésent et la seule solution pour être tranquille c'est de rester enfermé ce qui est tout de même un peu frustrant. Alors comme j'avais vraiment besoin de faire un break et de trouver le silence absolu, je me suis fait un petit bapteme de plongée en bouteille dans les eaux limpides de la baie de Coron, dans un décors digne de l'Île au Trésors… Ce n'était qu'un baptême, une heure de bouteille et on est pas descendu à plus de 5 ou 7 mètres de profondeur. Mais pour moi qui, quand j'étais petiot, regardait les émissions de Cousteau le dimanche à la télé, c'était un rêve de gosse qui se réalisait! Plongée avec des bouteilles… comme dans Magnum ou James Bond! Être au milieu des coraux, au cœur du silence troublé uniquement par le bruit de ma respiration, utiliser ces poumons pour monter ou descendre comme le font les cétacés… Enfin bref c'était magique!
Ce voyage à également été l'occasion de croiser un "personnage" que je ne pourrais qualifier que par le mot édifiant. Notre guide nous signalait un bistro sur le port, tenu par un ancien anthropologiste français qui a passé toute sa vie aux Philippines. Forcément, on s'imagine un genre de Jean-Paul Belmondo vieillisant mais encore très classe… Ou mieux encore le "Bar du Vieux Français"!
J'ai commencé à déchanter quand j'ai vue le bonhomme, cheveux long, chemise a fleurs, accoudé au comptoir devant un verre de rouge, le visage marqué par la liche… Mais mes craintes n'ont fait que se confirmer quand je lui ai adressé la parole. Un discours complètement désabusé, raciste et méprisant digne du pire café du commerce! Evidemment les philippins sont tous des bon à rien, des fainéants qui refuse de bosser, qui ont détruit toute ces îles, toute la nature qui était si belle et qu'il ne pourra pas montrer à ces enfants, tout comme en Espagne d'ailleurs, mais de toute manière les espagnols sont pas bien malins non plus, ils ont fait la même chose chez eux. Puis il a enchainé dans les généralités avec des trucs du genre:
"De toute manière faut pas les aidés, ça sert à rien d'aider les enfants des rues, c'est de leur faute d'abord ils en font trop des enfants, j'espère que la crise est aussi grave qu'on le dit comme ça il y en a la moitié qui vont crever, il n'y a que ça comme solution!".
Le tout en se faisant resservir un verre de pinard par sa serveuse (ou sa femme)… philippine. J'ai acquiessé gentilment, ça ne servait à rien de discuter, je lui ai demandé de remplir ma gourde et je me suis barré avec un sentiment de grande tristesse, face à ce type, sensé être un intellectuel, quelqu'un de cultivé, mais complètement bouffé par l'amertume. Et qui ne reste là, méprisant les gens qui vivent autour de lui, uniquement parce qu'ici finalement il est quelqu'un alors que de retour au pays il ne serait qu'un petit vieux de plus.
Il devrait aller faire un tour sur la Smokey Mountain, voir à quel point les philippins sont fainéants…

Smokey Mountain
Le trésor de la Sierra Madre
 
Et voilà une transition parfaite pour aborder une nouvelle fois le plus beau bidonville de Manille j'ai nommé la Smokey Mountain! En fait, il y a deux Smokey Mountain. L'ancienne, véritable colline d'ordure, à été fermé il y a 5 ans, les chiffoniers et charbonniers qui l'habitaient ont été relogé juste à côté dans des cagibi, pardon des immeubles sponsorisé par la marque de cola locale. La décharge à été déplacé à quelques centaines de mètres de là, de l'autre côté de la rivière juste sur les quai ce qui est fort pratique pour l'application de la nouvelle politique de gestion des ordures: en balancer le plus possible au large. Evidemment les gens ont suivis et un nouveau bidonville c'est aussitôt construit sur cette nouvelle smokey mountain dont vous pouvez voir les photos dans cet article.
La nouvelle Smokey Mountain où la fondation a bien sûr un centre, c'est un genre de Best Of de ce qui peut se faire de plus glauque à Manille. On y croise la femme qui n'a qu'un bras et son bébé qui crache du sang, ou bien le mec qui fait cuire son chien, sans oublié bien sûr les chats les plus galeux du monde, les chiens moches sans poils et la famille qui va récupère de la viande sur les carcasses d'équarissage fraiche, vous vous souvenez, là où j'ai chopé mes cornes de Carabao, j'ai mis une photo pour vous montrer... Heureusement que tout ce petit monde garde le sourire nous donnant une perpétuelle leçon d'humanité. Ah oui et puis j'allais oublié, j'ai découvert l'autre jour qu'il y avait un élevage de canard à la Smokey, si si je vous jure, plein de coin coin dans un super enclos vaement bien foutu fait avec des armatures de matelas! D'ailleurs si quelqu'un de "Producteur de Foie Gras Sans Frontières" nous lit, ya un potentiel énorme à réaliser!

L'ancienne Smokey elle, c'est rapidement végétalisé et est devenu une colline verdoyante où pousse même des arbres! Alors certes, dès qu'on y gratte un peu le sol, sa véritable nature réapparait… C'est un lieu étrange, une poignée de gens continuent à y habiter, ils y font pousser des légumes et même du maïs, tout en continuent à creuser ses entrailles à la recherche de la moindre parcelle de matériel recyclable. Pour cela ils font brûler en permanence les flancs de la colline afin de pouvoir ensuite tamiser méthodiquement les cendres. Ainsi le sommet de la colline est toujours nimbé d'une fumée plastique qui contribue à donner à l'endroit une atmosphère suréaliste. C'est un endroit très calme, et en le contemplant je ne peux m'empêcher de songer a un village de chercheur d'or comme dans le "Trésor de la Sierra Madre" avec Humphrey Boggart ou "Pale Rider" avec Clint Eastwood.

L'espion aux yeux verts
Miou miou miou miou miou!!!!

C'était un dimanche et je venais de rentrer d'un week-end sympa à la campagne, mais j'étais néanmoins d'humeur exécrable à cause des bus philippins qui ne ratent pas une occasion de t'arnaquer… Tu rajoutes à cela le retour brutal dans la métropole où en tant que piéton tu n'as aucune valeure aux yeux des automobilistes qui préfèreraient te rouler dessus plutôt que de commettre le sacrilège de ralentir ou modifier leur trajectoire…
Bref, j'étais pas content! Et voilà que sous mes fenêtre j'entends le piaulement desespéré d'un chaton, probablement celui qui est né dans la courre il y a deux semaines et que sa maman chat à oublié là pour de bon… Je me mets donc à la recherche de cet opportun qui s'apprête à pourrir mon sommeil… et je finis par le trouver, planqué dans un espèce de seau graisseux dégueulasse. Et me voilà donc avec cette boule de poil mouillé dans les pattes, qui piaule à la mort en agitant vers moi con museau froncé et ses grand yeux encore aveugle…
Comme je n'étais pas de bonne humeur, j'avais envie de poser un acte gentil pour compenser, alors plutôt que d'écouter la voix de la raison qui me disait: "nan mais ça n'a aucun sens de sauver un chaton à Manille, alors qu'il y a des gosses qui dorment et meurent tout les jours dans la rue…" et je me suis plutôt demandé ce que ferait un louveteau à ma place… Donc ça fait une semaine que j'ai cette boule de poil inutile chez moi, qui piaule toujours quand ma coloc à besoin de se reposer et qu'il faut nourrir, changer et laver comme un bébé, sauf que je n'ai même pas la satisfaction de pouvoir me dire que c'est tout le portrait de son papa…
Dans un sens heureusement que j'ai eu une otite et que par reflexe je n'ai pas jeté le flacon du médicament, car la pipette c'est vraiment idéal pour lui donner le biberon qu'il vide à la vitesse de l'éclair. J'ai essayer de le prendre en photo mais en fait j'ai du mal à lui faire prendre la pose. Au début je ne voulais pas lui donner de nom mais comme il a l'air de survivre et même de pêter la forme, je vais l'appeler Hélice, devinez donc pourquoi…
Par Anolisatis
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Dimanche 15 février 2009
Il n'y a pas de raison que seul les abonnés à Feu de Camp profitent de ma littérature, donc voici en exclusivité mondiale le dernier article pour les ENF. Personnellement je trouve qu'il lui manque un petit quelque chose pour être satisfaisant, mais bon comme j'ai une deadline a tenir...

Simple


Litteralement accroché au bord de la baie de Manille, dans le quartier portuaire de Navotas, le bidonville de Sipac est un lieu suréaliste. Vaste ensemble planté sur pilotis on y pénètre par d'étroites ruelles serpentant entre les barraques de bois et de taule. Rapidement le sol de béton laisse la place à des passerelles hétéroclites de bambou et de bois de récupération, on y progresse avec précaution, en essayant de ne pas penser à une éventuelle chute dans cette mer sale et polluée que l'on aperçoit en bas.
Arrivé au bout, le paysage s'ouvre sur l'horizon, des embarcations diverses passent au loin, l'air est frais et il fait beau, on est loin de la pollution de la métropole, tout est plus calme ici.
Bien sûr les gens m'observent avec attention car je n'appartiens pas à ces lieux, mais il n'y a pas cette espèce de curiosité agressive envers l'étranger que l'on ressent si souvent à Manille. Peut-être est-ce cette intimité permanente avec l'océan qui apaise cet endroit et ceux qui y vivent.

J'arrive devant le seuil d'une cabane, par terre un jeune garçon manifestement handicapé mental se tortille au sol, le regard dans le vague, pendant que son père lui mets patiemment du riz dans la bouche grande ouverte. Vision dérangeante… qui interroge. Comment ne pas avoir l'impression de contempler un petit animal, un petit oisillon qui ouvre aveuglément le bec en attendant qu'on le nourisse. Et pourtant, l'humanité entière ce résume dans cette scène. Une humanité non pas réduite mais dépouillée jusqu'à sa plus simple expression qui est celle de l'amour donné et reçu.

Simple d'esprit, une expression tellement juste et belle, mais que nous utilisons tellement mal… A chaque fois que je passe le seuil d'un des deux centres de la Fondation qui leur est dédié, je reçois le plus beau des accueil. Comme celui de cette trisomique, rayonnante dans son uniforme d'écolière, qui quitte sa classe pour, sans rien dire, venir se presser contre moi.
Oui, elle est simple cette jeune fille, il n'y a en elle ni mesquinerie, ni orgueil, ni envie. Elle ne connaît pas le mal, et son amour, son affection elle le donne gratuitement et sans aucune espèce d'arrière pensée. Il paraît que la vérité rends libre et assurément ils le sont, car libéré de tout mensonge. Nombreux sont ceux qui, toute leur vie durant, ont chercher à atteindre un tel dépouillement. Mais qui peut prétendre sans rougir avoir fait autre chose que l'efleurer. 



Isatis
Manille, le 15 Février 2009




Par Anolisatis
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Mercredi 11 février 2009
Contrairement à ce qu'insinue bassement mon camarade Anolis, je ne chasse pas le sanglie mais le buffe sauvage nuance. Quant à la cervoise, les productions locales sont loin d'égaler notre terroir breton, bien au contraire, elles donnent tout son sens au terme "tord-boyaux".
Mais trève de bavardage inutile, passons aux nouvelles du front...

Hey Joe!

Je ne suis pas un vrai Joe… mes pesos me collent à la peau.

Pendant que j'étais en formation MEP, j'ai rencontré un prêtre missionnaire qui avait passé un bon paquet d'année aux Philippines et qui nous a vanté l'accueuil philippins, son sourire, son hospitalité, sa curiosité pour l'autre etc… Et globalement, force m'est de constater qu'il avait entièrement raison. Je me permettrais néanmoins d'ajouter quelques nuances personnelles qui s'appliquent particulièrement à Manille, mais aussi ailleurs…
L'occidental ici s'appelle Joe, il est forcément américain, riche (parce qu'il est americain) et beau (parce que riche). Ainsi Joe est quelqu'un de trèèèèèèèèèès intéressant et tout le monde veut être son ami ou sa future femme. Et donc, dès qu'on sors dans la rue le concert commence… "Hey Joe what's your name?" (la contradiction intrinsèque de cette phrase ne cessera jamais de me fasciner…) "Hey Joe what's up man?" "Hey Joe where are you going?" ou même tout simplement "Hey Joe!" crier depuis un vehicule en marche, comme une espèce de réflexe pavlovien.

Je crois que ce principe trouve son climax chez les chauffeurs de taxi. En effet, pour le chauffeur de taxi, Joe c'est limite un légume incapable de se déplacer par lui-même et qui se doit donc de prendre un taxi dès qu'il sors acheter son pain à la boulangerie du coin. Or, frustration extrème le chauffeur de taxi est enfermé dans son véhicule climatisé et il ne peut donc pas crier "Hey Joe!". Mais ce n'est pas grave car le chauffeur de taxi dispose pour attirer l'attention de Joe d'un… klaxon dont il use et abuse. Et comme Joe est idiot et probablement incapable de se rendre compte tout seul qu'il a besoin d'un taxi, notre brave chauffeur lui facilite le travail en s'arrêtant spontanément auprès de lui, en lui jetant un regard limite agressif pour lui faire comprendre qu'il doit monter dans son taxi à lui.
Et ce, même quand comme moi il attend simplement de pouvoir traverser la rue… Sachant que bien évidemment quand on a besoin d'un taxi ils ne s'arrêtent pas où refuse d'aller loin, c'est la Loi de Murphy.

Il est de bon ton lorsque l'on est volontaire de s'extasier sur les moindres aspects de la culture de notre pays d'accueil, y compris les pires. Et d'aucun trouveront mon commentaire fort peu courtois. Mais bon quand tu as passé ta journée à te faire appeler Joe (ou Harry Potter, mais ça c'est calmé depuis mon passage chez le coiffeur), quand tu te balades seul dans une rizière ou sur une plage tranquille peinard et que tu te fais soudain interpeller par cette phrase fatale suivis de rire bien gras… Je défie quiconque de pouvoir apprécier, ou d'y trouver un côté culturel sympa. D'autant plus quand je vois la corruption de ce pays et le nombre de gens qui vivent dans la rue comme des chiens… Non, on ne me fera pas croire qu'il y a moins d'indiférrence ici qu'ailleurs.
Au fond, chez nous aussi on trouve des réflèxes beauf et mon propos n'est finalement qu'une triste constatation: la beauferie est universelle.

J'ajouterais qu'on devrait faire faire un petit stage aux Philippines à tout nos compatriotes qui se complaisent dans un racisme ordinaire, après un certains temps passé à expérimenter ce que c'est que d'être un étranger et d'être jugé en permanence sur des a priori, je pense qu'ils évoluerait un peu dans leur manière de voir le monde.

Big Night, le retour
Monday Night Fever…

Comme vous le savez, les lundi soir c'est la grande aventure dans les rues cradoques de Manille avec les enfants des
rues qui sniffent de la colle, bref c'est Big Night!
Bon parfois c'est aussi l'ennui mortel à rester planté inutile à regarder le street educator discuter sans fin en tagalog avec tel ou telle autorité locale.
Parfois c'est la grosse joie comme cette fois où nous avons jouer avec des tout petits mômes qui avaient plus ou moins des parents et qui vivaient quand même plus que moins dans la rue. Au début ils étaient un brin timide les bouts de choux, mais quand ils ont vu qu'on pouvait monter sur le dos du Joe pour faire des courses de dada, là c'était génial. C'est difficile à décrire mais faut imaginer l'Isatis avec une fillette dans chaque bras et un marmot accroché dans le dos, faut dire qu'ils sont pas bien gras, on les sent à peine; sauf quand il te tousse sa tuberculose dans le coup, merci gamins j'ai toujours trouvé ça très chic comme maladie. A un moment une voiture de flic à débarquer en trombe à côté de nous et deux policiers sont sortis en courant, l'un d'eux il avait pas l'air rassuré avec son M-16, puis finalement il ne s'est rien passé, il ont dû être appeler pour un braquage et son arrivée trop tard ou un truc du genre, quand on est partis ils discutaient avec des badauds.
Il y a les petiots qui n'ont manifestement jamais vu un occidental de près et qui sont fasciné par… la quantité de poils qu'on a sur les bras! C'est assez drôle de voir les mômes te carresser le bras exactement comme si tu étais un renard polaire en peluche.
Il y a ces familles qui vivent sur le trottoir, qui dorment sur des cartons au pied des vitrines des magasins avec leur bébé. D'un côté on est révolté par l'indigence d'une telle situation, par l'injustice flagrante qui frappe dès le depart ces mômes qui naissent, grandissent, vivent et mourront dans la rue. On à alors qu'une envie, c'est de leur distribuer des kalachnikov en leur disant de mettre à bas ce système galeux.


Mais en même temps parfois on est frappé par l'étrange beauté qui émane de ce spectacle misérable. Je me rappelle avoir été réellement frappé par ce couple dont le garçon était un ancien de la fondation, qui rayonnait véritablement la dignité et l'amour, et qui prenait soin de leurs enfant. La femme était enceinte et étrangement je me dis que cet enfant à naître à de la chance, même s'il va faire ses premiers pas sur un trottoir entre les drogués, les alcooliques et les prostituées.
Je crois que la révolte est nécessaire pour pouvoir continuer à agir, pour avoir foi en notre mission ici. Mais nous devons aussi avoir l'humilité d'accepter qu'il peut y avoir de grande beauté dans ce cloaque. Il y a un juste équilibre à trouver et à conserver entre les deux.


Ca c'est les côtés joyeux de la Big Night, bien sûr il y a aussi les côté trash, comme le type qui une fois qu'il a fini de faire boire un bébé de 4 mois qui dors dehors sur du carton, se retourne, prend sa bouteille de Rugby et se met à sniffer peinard à côté du nourrisson, chacun son biberon…
C'est ce môme de 14 ans qui c'est chopé une chtouille du diable après qu'un mec lui ai filé 20 pesos (0,30 euros) pour avoir des relations sexuelles avec lui au fond d'un terrain vague pourri. Alors pour se soigner, et comme il est shooté, il ne trouve rien de mieux à faire que de boire de la lessive en poudre diluée, histoire de se nettoyer de l'intérieur. On l'a trouvé malade comme un chien, mais bien sûr il a refusé de venir avec nous. Et vous savez c'est quoi le plus drôle/pathétique (selon l'humeur)? Ce gamin il s'appelle Ariel…

Ma dernière Big Night était aussi assez rock'n'roll dans son genre, peut-être à cause de la pleine lune. On à commencé par Antipolo, à 20 km du centre de Manille, la dernière fois on en a ramener sans faire exprès un gamin qui était accroché sur le marche pied arrière de la cammionnette, il n'est resté que 2 jours avant de s'enfuir. J'aime bien Antipolo, parce que c'est sur les hauteurs de la ville et en chemin on peut voir tout Manille. Et puis il y a des gamins attachants. J'aime bien la petite Rosaline, une fillette toute fine qui a un sourire et des yeux qui pétillent c'est incroyable en fait on à pas l'impression qu'elle vie dans la rue tant elle respire la joie et l'innocence.  Donc bref on arrive dans le quartier et voilà qu'on débarque en plein dans un début d'affrontement entre deux groupes d'enfant de deux zones différentes. Menés (qui à dit utilisé?) par des adultes comme de bien entendu. A l'origine un môme d'un des groupes qui est rentré sur le territoire d'un autre. Félix le street educator à pris les choses en main et il a désamorcé le conflit, chacun est repartis dans son coin, et a part 1 ou 2 coup de poing il n'y a pas eu de violence. Par contre moi je n'avais jamais vu autant d'enfant d'un seul coup. Et tout ce petit monde était joyeux mais sacrément ennervé quand même. Pendant que les social workers avec la trousse de secours étaient assaillis de toute part, moi j'en ai profiter pour prendre des photos, exercice assez complexe dans de telles conditions. C'est pas qu'ils ne veulent pas qu'on les photographie, bien au contraire ils ne veulent que ça! Le problème c'est que va faire comprendre à des gosses de l'ère numérique que tu n'as que 36 poses, et que même avec une pelloche gonflé à 1600 asa tu ne peux pas prendre tout et n'importe quoi en photo. Surtout des bandarlogs qui prennent la pose dès qu'ils voient un objectif, tout habitué qu'ils sont aux appareils digitaux avec lequel on ne pense plus à la depense et où on peut voir le resultat juste après… Mais bon, je fais avec et je ne desespère pas d'avoir quelques bonnes perles dans mes rouleaux.
Or donc je prenais des photos quand une voiture de flic débarque, l'un des officiers s'approche de moi et me demande d'où je viens, tandis que l'autre, le M-16 à la main, toise l'assemblée d'un regard fort peu aimable. J'ai à peine le temps de répondre que je suis français que déjà Félix prend les choses en main et engage la conversation en tagalog avec l'officier qui au bout d'un moment fini par partir. C'est après que j'ai halluciné… quand j'ai demandé aux social workers ce qu'il voulait. En fait les flics voulaient que moi je vienne avec eux au commissariat, pour me prendre en photo et faire un rapport sur mes activités ici… Félix en tant que team leader à refusé en demandant la raison exact d'une telle chose et le flic n'a pas été capable de donner une explication cohérente. Le plus probable, c'est qu'ils ont vu le bon moyen de se faire de l'argent sur mon dos, genre "ah mais t'as pas ton passeport sur toi? Ah bah il va falloir payer etc… etc…". Merci Félix de m'avoir éviter une énorme perte de temps (en général il suffit d'être ferme, de ne pas payer et de dire qu'on est missionnaire avec plein de copain curé pour qu'ils finissent par lacher l'affaire).
Finalement on est repartis en emmenant Ruben un tout ptiot tout timide qui à déjà son frère dans la fondation. Le lendemain quand je l'ai vu au déjeuner il était déjà nettement plus souriant ça faisait plaisirs à voir.

StarWax
Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…

"Mouahahahhahahhahaha je vais écraser cette rebellion comme un misérable insecte!"
Zonrox le sombre empereur de la galaxie Dazz savoure déjà la victoire qu'il éstime acquise sur les forces rebelles menées par le commandant Skyflakes. En effet, ce dernier est tombé dans un piège tendu par l'infâme Zim, le chasseur de prime, qui l'a attiré sur la planête Rebisco et l'à précipité dans une fosse remplie d'Acide Muriatic! Mais c'était sans compté sur l'intervention du fidèle Mr Clean qui grâce à son Surf à pu sauver in extremis le commandant Skyflakes qui s'en est tiré avec quelques brûlures superficielles qu'un peu de Nestogen aura vite fait de cicatriser. Réfugié dans les glaces de la planête Alaska, Skyflakes prépare sa revanche avec ses camarades Angel et Baygon, bientôt un Commando s'élancera à travers l'espace pour aller défier Zonrox au cœur même de son navire amiral. Mais parviendront-ils à échapper au bras droit de l'empereur, le machiavélique Gulaman, le propre papa de Skyflakes…
Et oui, à force de passer des journée à acheter puis livrer des produits d'épicerie, on se met à partir en vrille. Toi aussi camarade lecteur; amuse toi à deviner de quels genre de produit il s'agit!

Carabao-Dundee
La vache qui (pour)rit

J'avais quelques jours devant moi et j'ai donc décidé de partir dans les montagnes pour une petite partie de chasse au buffle sauvage. Je n'avais pour tout équipement qu'un slip, un couteau suisse et un calendrier des PTT, mais le vieux renard que je suis n'avais rien besoin d'autre pour cette traque d'un genre particulier…
Après une semaine de marche à travers une jungle impénétrable et des montagnes inhospitalière je parvenais enfin dans cette contrée qui ne figure sur aucune carte, dernier refuge des buffles sauvages. C'est là, au milieu de rizières d'une beauté exceptionnelle que je rencontrais mon adversaire, une bête d'au moins 5 tonnes, avec des cornes de plus d'un mètre. Je n'en avais jamais vu d'aussi gros, un monstre de testosterone brute dont la glande surénale seule suffirait à alimenter toute la planète en Red Bull. J'avoue qu'avec mon slibard et mon calendrier des PTT, je ne faisais pas le malin… Heureusement, j'avais un plan!
Caché dans les fossé de la rizière, je m'approchais à contre vent du panzer-bovin, une fois arrivé à distance raisonnable, je placais le calendrier des PTT bien en évidence sur le talus, ouvert à la page de Juillet où figurait une photo très olé olé d'une vache landaise dans le plus simple appareil. Pour m'assurer du succès de mon subterfuge j'imitais le cri d'amour de la vache landaise, que ma pudeur m'empêche de reproduire sur ce blog…
Aussitôt, le buffle tourna la tête dans ma direction avec dans le regard une lueur lubrique… Lentement, sûr de son charme animal il s'avança vers le calendrier en balancant des cornes, l'air de dire: "Hey baby ça te tente de faire  un tour dans mon étable?"
Profitant de cette diversion, j'avais déjà contourné le bovidé qui était désormais en extase devant la photo. J'utilisais alors ma slip comme d'une fronde dans laquelle j'avais placé mon couteau suisse avec le tir bouchon ouvert. Je visais une zone très précise et vulnérable de l'arrière du crâne de la bête qui remua des oreilles lorsqu'elle entendit le sifflement fatal de la fronde… Trop tard, entrainé par la formidable force centrifuge, le tire bouchon s'enfonçait déjà à une vitesse folle dans le crâne du buffle qui s'écroula en crachant sa cervelle par les naseaux. Aussitôt, les indigènes du coin s'attroupèrent autour de moi en s'inclinant car j'avais tuer le Dieu-Carabao et j'étais donc leur nouveau maître. Grand seigneur, je leur permis de manger le buffle tandis que je me contentais de ses cornes comme trophée, que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous, le couteau suisse donnant l'échelle.

Comment ça cette histoire n'a rien de crédible? Comment ça j'ai trop lu les "Aventures d'un Gentilhomme Breton aux Îles Philippines", par Paut Proust de la Gironnière? Excellent ouvrage du XIX° siècle mais dont l'auteur bien qu'originaire de Vertou est parfois plus marseillais que breton…
Oui bon d'accord, je veux bien vous raconter la vérité, mais après faudra pas vous plaindre si elle ne vous fait pas rêver.
J'ai récupéré ces cornes dans la decharge de la Smokey Mountain, sur un tas d'équarrissage plein d'os et de bidoche en putréfaction avancé. Evidemment les plus belles cornes n'était pas sur le dessus du tas, donc il a fallu y aller franco, je vous passe les détails.
J'étais avec un staff philippin de la fondation et au départ j'en avais sortis plus que deux, histoire de faire des cadeaux a mes camarades scouts restés au pays. Mais alors qu'on avait fini un gros type qui avait deux doigts en moins c'est pointé en disant que c'était interdit que les cornes il fallait les payer au kilos parce qu'elles étaient recyclés… Enfin bref un bon gros pipeau histoire de récupérer du pognon sur le dos d'un Joe. J'ai d'abord du convaincre le staff qui m'accompagnait que non c'était pas la peine de payer à ma place, et ensuite j'ai montrer au bonhomme que de toute manière j'avais que 20 pesos (0,30 centimes d'euros) dans la poche donc bon… Au final il m'a pas demander d'argent et m'a laissé partir avec deux cornes. J'ai pas insité parce que je me suis dis que j'étais quand même à deux doigts d'avoir des problèmes. (mouahhahahahahaha)
Ensuite il a fallu ramener mon trophée dans lequel grouillait de charmants asticots et d'où s'exhalait une odeur d'étable périmée depuis trop longtemps…
Enfin bon, une fois ramener à la maison, frottés et soumises au traitement de choc de l'empereur Zonrox, elles sont désormais peu plus présentable et pourront être rappatrié en France: une pour moi et l'autre pour Gavy.


Retour vers le futur
Dans ce qui fut ma poche et qui n'est plus qu'un trou, je n'ai plus de sous…

Le poste de volontaire consacré à l'informatique n'ayant pas été renouvelé, et étant le volontaire responsable du matériel, c'est tout naturellement que je me suis intéressé à l'entretien des ordinateurs de la fondation… Si j'avais su dans quoi je fourrais le nez!
Enfin bon, il faut bien que quelqu'un s'en charge donc je m'y suis mis. J'ai donc eu le plaisirs de rentrer chez moi à 4h du matin à l'heure à laquelle les filles du bordel d'à côté rentre chez elle. Roooh un bordel, tout de suite les grands mots, c'est juste un bar karaoké avec plein de filles très amicales. Bref, tout ça parce que j'avais passé la nuit à essayer de réparer une panne dans le réseau et que je voulais que les camarades puisse travailler le lendemain, avec juste un café à la place du diner... mais j'y suis arrivé. Tout comme j'ai réussi à faire fonctionner l'ordinateur que j'ai acheté une bouché de riz à l'emaus du coin parce que je pensais qu'il ne marchait pas et que je voulais récupérer les pièces.
Mais ma petite fierté, sommet de l'application du principe de Mac Gyver, c'est "l'ordinateur du futur" que vous pouvez admirer sur cette photo. L'ordinateur du futur, c'est l'accouplement contre nature de deux unité centrale de forme différente… d'ailleurs pour parfaire son côté schizophrène il est doté de Windows et Linux (mais pas en même temps quand même). J'ai du retravaillé un peu sa carrosserie à la scie à métaux et à la pince, mais faut avouer que le résultat est d'un chic tout spécial.
Et pour que tout cela ne se perde pas dans le néant je me suis lancé dans la rédaction d'un Grand Livre de l'Informatique en général et de la fondation en particulier.
Comme vous pouvez le constater, je m'amuse beaucoup…

Là où ça m'amuse un peu moins, c'est quand je découvre qu'un petit génie à profiter d'un payement de billet d'avion sur internet pour vider mon compte en banque… Après tout, il paraît qu'on a rien donner tant que l'on a pas tout donné…
Heureusement, grace à la vigilance et à la réactivité de la famille j'en suis quitte pour avoir ma carte bloqué 2-3 semaines avant de pouvoir en récupérer une autre ainsi que l'intégralité de mes sous. Moralité si j'avais acheter mes billets depuis mon Mac ou depuis l'ordinateur du futur sous Linux, au lieu d'un des PC vérolé de la fondation, bah ça ne serait pas arriver…

Gilou ça te tente pas un an aux Philippines? Ya du boulot pour toi et puis la bière est pas chère.











Par Anolisatis
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Dimanche 28 décembre 2008

A Perfect World

Let's go to the Mall!

Après bientôt quatre mois ici, je pense qu'il est grand temps de réveler la vérité, le monde doit savoir!


On nous présente souvent les Philippines comme un pays complètement pourri par la corruption avec une économie défaillante et un système social plus que discutable.

On parle de tourisme sexuel, d'enfants des rues, de drogues, de gang etc…

Mais tout cela est complètement faux! Et ce n'est pas compliqué de s'en rendre compte, il suffit pour cela de se rendre au Mall of Asia, qui se trouve au bord de la baie de Manille. Un Mall, rappelons le, c'est un vaste complexe commercial, et le Mall of Asia est, comme son nom l'indique, l'un des plus grands d'Asie. Et bien sûr, c'est un monde idéal.

Un monde où les enfants qui jouent sont protégés par des gardes armés de fusils à pompes et peuvent utiliser des jeux super conceptuels.
Un monde où les haut-parleurs diffusent en permanence des chants de Noël. Un monde où on peux même manger de véritables frites belges! Un monde tellement parfait que les voitures s'arrêtent pour te laissent traverser la route!
Un monde où tout le monde est beau, propre, riche et bien portant. Un monde où il n'y a pas d'enfants des rues qui sniffent de la colle, d'ailleurs ça n'existes pas ça. Bon OK, il paraît qu'il y a des enfants qui n'ont pas assez d'argent pour se payer des mouchoirs et qui se mouchent dans des sacs plastiques, mais bon franchement, ya pas de quoi en faire une fondation hein?
D'ailleurs pourquoi se préoccuper de se qui se passe en dehors du monde parfait de Mall of Asia, puisque on y trouve tout ce qu'on veut, y compris un multiplex cinema et même une patinoire! Non vraiment, quand on visite le Mall of Asia, on prend réellement conscience que les Philippines sont un pays idéal, où même les (faux) renards polaire ont des t-shirts!

The Death March of Bataan…

…In Paradisium

Pour les 30 ans d'un des volontaires, nous sommes allé faire un tour à la ferme de Bataan.
Je me suis fais une mémorable excursion solitaire sur le Mont Samat, lors de laquelle j'ai du me frayer un passage parfois mètre par mètre dans les hautes herbes et les ronces. Faut dire que j'étais partis du principe que comme depuis le village on voyait fort bien le Mont, et bien je n'avais qu'à tracer plus ou moins tout droit pour arriver au sommet. Je n'avais pas prévus que les douces pentes herbeuses que j'apercevais de loin cachait en fait des herbes parfois plus hautes que moi, des petits épineux très attachants, et des sous-bois sombres et impénétrables. On peut dire que j'en ais bien bavé, mais dans ce paysage magnifique, ça en valait vraiment la peine, encore une fois on était en plein dans "La Ligne Rouge".

Finalement, j'ai du rebrousser chemin alors que le jour commençait à décliner, et après m'être perdu un peu j'ai fini par retomber sur la route goudronnée qui monte jusqu'au sommet et la gigantesque croix blanche qui le surmonte. Du coup je ne suis arrivé en haut qu'à la nuit tombé et mes camarades sont venus me chercher en camion comme nous l'avions prévue. J'étais épuisé, affamé, les jambes en sang, mais complètement heureux et vidé de tout le stress et la pollution de la vie à Manille.

Ce week-end a aussi été marqué par une virée à Bagac, petit village côtier où nous avons donc pu nous baigner dans les eaux limpides de la Mer de Chine.

Première fois depuis mon arrivée que je pouvais enfin me baigner dans l'océan. C'est pas tant qu'à Manille on soit loin de la mer, mais quand tu vois l'aspect peu engageant de l'eau et du rivage, tu te dis que 5 minutes de trempette dans ce bouillon de culture et tu es bon pour au moins 6 mois d'antibiotique.

Evidemment il faisait un temps superbe, le sable était chaud, il y avait plein de cocotiers et des pirogues. Faut bien avouer que c'était complètement suréaliste de se baigner dans se paysage de rêve en plein mois de Décembre, à quelque jours de Noël.


Maligayang Pasko!

Le Noël de la Cicrane…

Noël justement, ça fait 3 mois que tout le monde ne parle plus que ça, et que l'air ambiant est saturé de chants de noël plus kitch les uns que les autres.

Il y a des crèches partout depuis Novembre, avec déjà bien sûr le chtiot Jesus dedans, les Rois-Mage et tout et tout… Et après on dit que les occidentaux sont toujours pressés?


Et bien sûr il y a les Christmas Party qui s'enchainent fin Décembre. En gros c'est comme des fêtes de Noël de scouts, avec chants, danses, jeux, et grosses bouffe…

Le climax a été atteint le 24 et le 25..; Le 24 au soir, messe de minuit dans une église digne des plus beau specimen nazairien, avec en première partie un genre de boys-band (si si!) qui dansait et faisait des pirouettes sur scène, pardon, devant l'autel…

Le 25 fut le jour le plus long… visite de TOUT les centres
pour enfants des rues afin de distribuer les cadeaux, départ à 6h30…


Douzes centres… une dizaine de spectacle, de speech, et de repas de fêtes typiquement
philippins genre brochette chamallow/ananas/knackie ou spaghettis nageant dans une sauce tomate sucrée… A la fin de la journée nous étions a peu près aussi réactif qu'une bande de grabataire en train de regarder l'intégrale de Derrick
(paix à son âme!).


Mais cette journée c'était surtout plus de 200 gosses heureux comme tout de recevoir chacun un cadeau, et ça c'était vraiment merveilleux.

Et moi qu'est-ce que le Papa Noël est venu deposer au fond de mes ranger's?????

Une fenêtre! Vous n'imaginez pas le bonheur!!

Moi et Amandine avons démenagé hier dans notre nouvel appart, qui se trouve en fait à la même adresse qu'avant, chez le même proprio à 2 mètre de notre ancien logement. Notre nouveaux chez nous est un poil plus petit, mais comme il est mieux organisé ça ne se ressent pas trop, et surtout il n'y a ni termites ni fuite d'eau dans la chambre d'Amandine et moi j'ai une chambre plus grande avec une fenêtre, ça me change du trou à rat quasiment pas aéré que j'avais avant!

Raaaah ce délicieux courant d'air frais…


Hair

Ma mère m'a dit Antoine…

Le monde doit quand même savoir que je ne me suis pas taillé les cheveux depuis la mi-août, ce qui commence tout de même a faire beaucoup…
Le truc c'est que j'ai un peu peur d'aller chez le "barber shop" du coin et de ressortir avec une coupe de nazi… et puis avec la chaleur ma tignasse se coiffe beaucoup plus facilement que chez nous, ce qui me permets de tester ce look très années 80…


Bon allez, j'aurais encore plein de choses à raconter, mais
il est temps que j'y aille. En attendant je vous souhaite à tous une excellente année 2009, et surtout la santé hein, dame! Ici pour l'occasion les gens  font sans arret peter plein de petard, on se croirait a Beyrouth....

Par Anolisatis
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Mercredi 3 décembre 2008
Pour une fois que nos camarades mais neanmoins exploiteurs du peuple de la television francaise font quelque chose de pas trop moche, ca serait ballot de ne pas le remarquer.
Je me permets donc de vous signaler que M6 diffuse actuellement un court spot de soutien a la fondation pour laquelle je travail. Donc voila camarades, n'hesitez pas a jeter un coup d'oeil.

Horaires de diffusion du spot M6

03/12/2008 : 12h40
03/12/2008 : 13h20
03/12/2008 : 19h50
04/12/2008 : 12h40
04/12/2008 : 13h20
05/12/2008 : 15h15
06/12/2008 : 13h45
07/12/2008 : 12h22
08/12/2008 : 09h10
08/12/2008 : 12h40
09/12/2008 : 11h51
10/12/2008 : 11h51
10/12/2008 : 13h20
10/12/2008 : 13h20
11/12/2008 : 15h30

Par Anolisatis
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Jeudi 20 novembre 2008
Tres rapidement un petit message pour vous dire que je vais changer d'adresse, puisque suite a un incident que je detaillerais plus tard nous sommes forces de demenager du 59 Mapang Akit Street.
En attendant, vous pouvez m'envoyer du courrier a la fondation a l'adresse:

Tulay ng Kabataan Foundation
Kalayaan Avenue, 108
Barangay Central
1100 QUEZON CITY
METRO-MANILA
PHILIPPINES

P.S: Pour ceux qui serait inquiet, je vous rassures tout va tres bien.

P.P.S: Du coup, pour ceux qui m'ont eventuellement ecris et dont je n'ai pas encore recu le courrier, pourriez vous me le dire par mail, histoire que je sache si je dois retourner de temps a autres voir mon futur-ex-proprio.
Par Anolisatis
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Samedi 15 novembre 2008


Cette foutu otite qui me force à rester à la maison, tel un tuberculeux des années 30 coincé sur une terrasse de Berck Plage, une couverture à carreau sur les genoux, n'a pas que des désavantages. Certes, je suis en train de ruminer sur l'opportunité d'une amputation à la machette puis d'une greffe d'oreille de cochon acheté au rabais au marché de Balintawak, a moins que je ne fasse comme tout le monde et que je me soigne qu Rugby…
Mais bon en tout cas, ce repos forcé me permets de rattrapper mon retard sur ce blog.

Full Metal Jacket
Est-ce que c'est toi John Wayne?

L'etranger qui se balade au Philippines comprendra rapidement à quel point l'occupation americaine aura influencé la culture locale. L'un des élements les plus marquants est la prolifération d'armes à feu le long des trottoirs Manillais. La moindre superette, le moindre fast-food et même le charcutier de la fondation est protégé par un garde en uniforme et armé au moins d'un pistolet et bien souvent d'un fusil à pompe dès qu'il s'agit d'une banque ou d'un grand magasin. Les transporteurs de fonds font passer les Range Rover blindé de Belfast pour des 2CV et il n'est pas rare de voir leurs employés avec des M-16 et même des AK-74.
J'ai déjà eu l'occasion de passer devant un stade de Basket-Ball juste avant un match et là il y avait des flics armés partout et même la crème de la crème, le SWAT avec leurs uniformes noirs et leur M4 que l'on voit souvent patrouiller à moto dans la ville. Ici on ne déconne pas avec le Basket-Ball!

Mais finalement le plus drôle, c'est que lorsque l'on jette un œil sur tout cet arsenal on découvre une quantité de rouille assez impressionnante, des crosses réparés avec du scotch, voire des étuis vide ou des cartouchières de munitions qui ne correspondent pas à la pétoire portées fierement. Mais j'ai mieux compris lorsque j'ai vu l'entrainement public des prochaines promotions de garde du corps. au parc de Quezon Circle. J'avoue que j'ai bien rigolé, et je n'étais pas le seul, en voyant ces ptits gars faire "Poum Poum Poum!" avec leur pistolet en plastique, menés par un coach en treillis et chapeau de paille, digne des meilleurs nanars Philippins.
J'ai souris aussi lorsque le week-end dernier nous avons passer un Check Point de l'armée dans les montagnes, accueillis par un "Corporal Noriega" en short et marcel, alors que 500 mètre plus loin le fonctionnaire du Check Point de la Police Nationale Philippines était tout en tenu camouflage et en M-16 avec lance grenade…
Là où il paraît que c'est moins drôle, c'est que tout ce petit monde s'amuse à tirer en l'air pendant les fêtes du nouvel an, et on nous a fortement conseillé de rester chez nous pendant cette période.
Ca tombe bien je n'aime pas le karaoké.

Pause Café.
Comme dans toutes les boîtes du monde…

…on a une secrétaire qui met son grain de sel partout et qui semble prendre un malin plaisirs à faire contourner les règles en place. Comme dans toutes les boîtes du monde il y a des employés qui font super bien leur boulot, et d'autres qui s'en tamponnent royalement. Comme dans toutes les boîtes du monde les gens cherchent à tirer avantage de leur poste. Comme dans toute les boîtes du monde, pour être sûr d'avoir les 10 trombonnes, les gens en réclament 3 boîtes.
C'est ptet ça la vraie mondialisation...

Into the Wild
Le bonheur est dans le pré.

Raaaaaaaaah quel pied de sortir un peu de la grisaille Manillaise! Faut dire que ces derniers temps j'ai été gâté puisque mes deux derniers week-end on été consacrés à une visite à la ferme de Balangas à Bataan et à une sortie d'une journée dans les montagnes avec les enfants d'un centre. On ne mesure pas assez le prix que peu avoir le vrai silence, et la vrai solitude dans une mégalopole telle que Manille. Et bien sûr la possibilit é de voir le soleil se coucher, d'avoir des nuages qui ne te donnent pas l'impression qu'il va pleuvoir du gasoil et surtout de voir les étoiles la nuit. Et puis le lieu où se trouve la "ferme" est excellent. En fait de ferme il s'agit de la propriété d'une communauté de sœur qui ont quitté les lieux sans donner de nouvelles. A cinq minutes de marches de là se trouve une superbe rivières au bord de laquelle se trouve les ruines des bungalows d'un resort à l'abbandon (les resorts sont des lieux d'accueil pour les touristes). Franchement entre la rivière, les collines, et les ruines, on se croirait dans La Ligne Rouge, c'est magnifique. D'autant qu'en creusant la terre, nos apprentis fermiers ont mis au jour des douilles, vestiges la bataille de Bataan.
Forcément, je me suis fait une balade seul dans les colines et les rizières, juste pour le plaisir et pour voir jusqu'où je pouvais suivre tel ou tel ruisseau. Je n'ai pas exhumé de vieux Bunker japonais, mais j'ai trouvé des noix de coco, et là je dois bien dire que mon poignard m'a bien manqué…
Parce que bon autant le Buko, c'est à dire la noix pas encore mûre, ça n'oppose guère de resistance au couteau suisse, autant la noix bien mûre elle… J'y suis néanmoins parvenu, mais je crois que dans l'opération j'ai dépensé plus de calorie que j'en ai gagné en ma ngeant le fruit...
Et puis cette semaine j'ai été au bidonville de Pulo, à l'Ouest de Manille. C'est un bidonville assez spécial car il se trouve au bord d'une plage de sable gris et de sac plastique, les maisons sont montés sur pilotis et pour y accéder on doit passer par un chemin qui serpente entre les digues des bassins d'élevage de poissons. Du coup l'endroit est bien isolé par rapport à la ville et lorsque l'on s'y engage on à vraiment l'impression d'être très loin de Manille dans un coin qui ressemblerait plus au Vietnam qu'aux Philippines. Sur la plage il y a des pirogues à balancier, des charbonniers et des enfants qui avec le sable font des petits four où ils brûlent du polystirène pour fabriquer du charbon comme papa. Un énorme tuyaux traverse le village et s'enfonce dans la mer jusqu'à une drague complètement improbable et fumante qui flotte encore par je ne sais quel miracle. Du coup comme j'avais émis le désir d'aller faire un tour en mer auprès des staffs de Navotas, j'ai le droit de faire une petite balade en pirogue! Juste un petit aller retour d'une dizaine de minutes

Le vilain petit canard…
Balouuuuuuuut!

C'est le cri lançinant qui retentit chaque soir lorsque le vendeur ambulant parcoure les rues du quartier. Spécialité culinaire incontournable des Philippines, le Balut c'est plus qu'un mets exotique, c'est… tout un style.
Le Balut, c'est tout simplement un œuf de canne… fécondé et bouilli comme un œuf dur. Et donc lorsque l'on ouvre la coquille, on découvre notre ami le poussin à l'intérieur, plus ou moins gros, et donc plus ou moins croquants suivant son stade de développement. Le scoutisme m'ayant rôdé à manger srictement n'importe quoi, j'ai gobé joyeusement le mien, pas très avancé, qui avait le gout et la consistance d'un chewing-gum à la volaille… C'est pas mauvais, et puis il faut bien avouer que le concept est rigolo. Faut dire que mes années de fac de bio m'ont fait voir (et faire) bien pire en matière de poussins…

Petite note à caractère informative (bis).

Après avoir discuter avec l'un des Père nous nous sommes rendus compte que les règles en matières de publication d'images de chtit n'enfants de la fondation sur nos blogs sont en réalité nettement moins strictes que nous ne l'avions cru au premier abord. Donc en fait on a le droit de montrer des photos des enfants.




Moralité, en milieu de journée Amandine est venu me chercher avec ordre du Père Thomas de m'emmener voir un toubib. On est donc allez à l'hôpital d'à coté qui ressemblait d'ailleurs plus à un campus de medecine, où une nana m'a examiné avec un de ces serre-tête orné d'un miroir qu'on ne voit que dans les vieux films de guerre. Ils m'ont posé un drain, prescrit d'autre medocs et invité a revenir dans deux jours. J'ai halluciné devant le medecin/interne/je sais pas trop en fait, qui avait une feuille avec des schémas de l'oreille dessiné à la main, et qui à proposé un paquet de crackers à sa collègue pendant qu'elle s'occupait de mon cas. Mais bon, depuis que j'ai appris qu'ici on peut acheter des broches d'occasion pour se faire opérer et que les infirmiers mangent des hamburgers en salle d'opération, je ne m'étonne plus de rien. Mon cas personnel n'étant pas très sérieux ça m'a plus fait rire qu'autre chose.
Et voilà camarades, c'est fini pour aujourd'hui. Moi et le petit John-Patrick on vous dit à bientôt pour de nouvelles aventures.
P.S.: L'enigme de la semaine, c'est de réussir à compléter le titre de l'article, on va voir si vous avez un minimum de culture musicale...

 
Par Anolisatis
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